Film italien de 1976 de Dario Argento, Suspiria est le premier volet de sa Trilogie des Enfers (les suivants : Inferno et La troisième Mère). Le film a bien vieilli mais reste intéressant à regarder pour son esthétique très particulière ! Il s’agit d’un film de genre essayant d’offrir un regard atypique au cinéma d’épouvante.
L’histoire : une jeune Américaine, Suzy Banner, arrive à Fribourg pour intégrer une prestigieuse école de danse. Dès son arrivée elle est confrontée à des phénomènes intrigants (une jeune fille qui s’enfuie de l’école sous la pluie en criant d’étranges paroles est retrouvée assassinée le lendemain). Très rapidement Suzy va sentir cette ambiance suspecte qui règne dans l’école et rencontrer l’ancienne meilleure amie de la fugitive. Celle-ci va lui expliquer (avant de mourir à son tour) que l’école a été fondée par une puissante sorcière, la mère des soupirs. En cherchant une explication à ces meurtres, Suzy découvre l’antre de la sorcière et réalise que l’école n’est qu’une couverture pour une société secrète de sorcières. Elle finira par tuer la ‘Reine Mère’ et tout rentrera dans l’ordre…
L’esthétique : élément clé du film, Dario Argento a réalisé un véritable travail pour offrir à ce film une véritable signature esthétique. L’architecture baroque avec des couleurs chatoyantes (!!) frappe le spectateur dès que Suzy arrive à la porte de l’école. Les formes géométriques et courbes improbables permettent de créer une ambiance particulière et atemporelle, on n’est plus du tout dans un Fribourg des années 70. Le décor fantastique est planté et permet au réalisateur de dérouler facilement cette histoire de sorcière (dans un univers fantastique, trouver des sorcières n’est plus ‘surprenant’…). Ce travail se retrouve aussi dans certaines scènes marquantes comme le passage du taxi dans la forêt au début du film ou le meurtre du pianiste aveugle. Ce qui permet aussi d’oublier d’autres scènes bien moins réussies… Notons la manière kitsch qu’utilise le réalisateur pour les scènes d’horreur. Du bon sang rouge vif et visqueux à souhait. Si cela ne fait pas (plus ?) peur, le côté décalé est plaisant.
La musique : angoissante, il faut le reconnaître, et omniprésente. Composée et jouée par Les Gobelins, Dario Argento la faisait passer en continu sur le tournage pour plonger ses acteurs dans l’ambiance horreur/fantastique! Belle réussite là encore.
Anecdote : la co-scénariste du film, copine de Dario à l'époque du film, a confié bien plus tard que sa principale source d'inspiration fûrent les souvenirs de sa grand-mère qui s'enfuit d'une école de piano...après avoir découvert qu'on y enseignait la magie noire. Ecole qui existerait toujours...
En conclusion, après l'avoir vu, il sera difficile d'oublier cette ambiance (musique, décor, éclairage) et le film reviendra forcément comme une référence... C'est donc un petit classique très original (et imparfait!) dont on appréciera la liberté et l’intelligence du réalisateur !